S21, la machine de mort khmère rouge

PANH Rithy
France / Cambodge 2002
Genre : Autre
Ecriture cinématographique : documentaire
Lycéens au cinéma 2005-2006
Crédits photo : Ad Vitam
S21, la machine de mort khmère rouge

Synopsis

Au Cambodge, durant le régime des Khmers rouges (1975-1979), S21 est le principal « bureau de la sécurité » de Phnom Penh, dans lequel, sous les prétextes les plus infimes, des milliers de gens sont arrêtés, torturés puis, après avoir inventé leurs propres chefs d’accusation, abattus. A cette époque, la dictature, qui a consigné la victoire des communistes de Pol Pot dans la guerre civile que la chute du prince Sianouk a installée, se consolide par un régime de Terreur.

Deux anciens détenus, Nath, le peintre, et Chum Mey, le mécanicien, qui ont survécu aux massacres de leurs proches, et une dizaine de gardiens évoquent, dans l’enceinte du camp désormais devenu musée du génocide (2 millions de morts ont été victimes du pouvoir marxisto-léniniste), l’époque où le Cambodge vivait dans l’horreur des emprisonnements et des assassinats arbitraires au nom d’une révolution prolétarienne devenue le pire des régimes totalitaires.

Endoctrinés et promus gardiens d’un système qui les persuadaient de son bien-fondé, de jeunes paysans ou ouvriers y sont devenus les geôliers d’une enceinte dont l’activité principale est d’abriter l’éradication de l’opposition. Il s’agit d’obtenir, par la violence, les aveux imaginaires de personnes désignées comme ennemis de l’Etat afin de justifier la domination de ce dernier par la violence : les détails de ces pratiques qui ont touché près de 17.000 personnes nous sont révélés par des témoignages souvent insoutenables, montrant que ni les femmes, ni les enfants n’ont été épargnés. Face à ceux qui, sans état d’âme, ont permis au régime de se proclamer seule référence possible en lui fabriquant des adversaires destinés à être éliminés, Nath, qui a représenté les scènes les pus terribles de sa captivité dans ses toiles, essaie de comprendre le pourquoi de ces mises en scène bâties sur le mensonge. A l’heure où le Cambodge n’a toujours pas connu le procès de ses anciens dirigeants, le film entend, au moins, exposer les faits qui le justifieraient.