Zazie dans le métro

MALLE Louis
France 1960
Genre : Récit initiatique
Ecriture cinématographique : fiction
Collège au cinéma 1996-1997
Crédits photo : Pyramide
Zazie dans le métro

Pistes de travail

  • De Raymond Queneau à Louis Malle
    Dans la mesure où il est impossible d’échapper à cette question, il est préférable de l’aborder une fois pour toutes en comparant un moment précis du film avec le passage strictement correspondant du roman. Le choix est ouvert, mais on peut utiliser simplement le début du film, dans la gare jusqu’à l’arrivée de Zazie et le départ vers le “ tac ” de Charles. Comment le monologue intérieur de Gabriel devient monologue extérieur. Comment est créé un climat artificiel (son, attitude figée des autres personnages). Comment est respecté, quoique un peu condensé, le dialogue de Queneau ? Comment la phrase “ Doukipidonktan ” change de valeur en passant de l’écrit à l’oral ? Comment sont supprimées les indications du narrateur intraduisibles à l’écran ? Comment Malle introduit une nouvelle ligne de gags (visuels), parallèlement à la lettre du roman ?

  • Critique du langage cinématographique
    Presque toutes les séquences peuvent servir de support à une analyse des transgressions de la grammaire cinématographique traditionnelle. Le début de la première course-poursuite entre Zazie et Pedro est assez instructive, avec, entre autres, multiplication et ubiquité de Zazie, substitution de personnages et d’objets...

  • Subversion et tradition
    Il ne faut pas mettre tous les gags, réussis ou non, ni tous les éléments inhabituels dans le même sac. On peut tenter de relever, dans diverses séquences les éléments qui relèvent de la transgression de l’expression cinématographique (de l’homogénéité de l’espace et du temps, du corps et de l’unité des personnages) et ceux qui s’inscrivent dans une tradition burlesque pure et simple (bagarre de tartes à la crème ou d’assiettes de choucroute).

  • Paris
    Même si les élèves ne connaissent pas nécessairement la géographie parisienne, on peut leur faire relever les manquements évidents à un repérage classique : monuments qui changent de nom, voire de place, rue paisible débouchant sur une avenue embouteillée, contiguïté de différents quartiers, imprécision des itinéraires et de la distance entre deux lieux (du temps nécessaire à la franchir). Cette réflexion peut s’accompagner sur une autre, du même type, sur les décors, tous en transformation, sur le fait qu’un décor, tel un train, peut en cacher un autre.

  • Société
    Derrière l’amusement, la critique sociale est sans cesse présente. Il est facile de repérer la critique des embouteillages parisiens (déjà fustigés au XVIIe siècle) et des voyages organisés ultra rapides. Il y a aussi la critique de la foule anonyme, prête à prendre parti pour, puis contre Zazie, à suivre n’importe qui, des Norvégiennes qui traquent et enlèvent Gabriel aux miliciens qui pourchassent Aroun Arachide, en passant par la veuve Mouaque et Trouscaillon qui se lancent avec Zazie à la poursuite de Gabriel...