Né le 12 novembre 1947 à Paris, Patrice Leconte dessine, écrit et filme dès l’enfance. Déçu par ses années d’études à l’IDHEC (ancêtre de la Fémis), il devient auteur de BD au magazine Pilote. Mais il ne perd pas de vue le cinéma et réalise des spots publicitaires pour Pilote, sous la direction de Marcel Gotlib. À eux deux, ils signent le scénario d’une comédie parfaitement loufoque, Les Vécés étaient fermés de l’intérieur (1975), avec Coluche. Ce premier long métrage réalisé par Patrice Leconte sera un échec cuisant, suivi d’un triomphe retentissant (alternance qui deviendra presque familière). Ce triomphe est bien sûr celui des Bronzés (1978), comédie devenue culte, immédiatement suivie par Les Bronzés font du ski (1979), qui propulsent la bande du Splendid en haut de l’affiche Avec le soutien du producteur Christian Fechner et la complicité de Michel Blanc, Patrice Leconte réalise ensuite coup sur coup trois comédies très populaires, Viens chez moi, j’habite chez une copine (1980), Ma femme s’appelle reviens (1981) et Circulez y’a rien à voir (1982). Le voilà devenu célèbre spécialiste du rire.
- L’expérimentateur
Au lieu d’une comédie, Patrice Leconte accepte alors de réaliser un film d’action, Les Spécialistes (1984), avec Gérard Lanvin et Bernard Giraudeau. Et pour donner suite à cet énorme succès, il tourne Tandem (1987), production très modeste, avec Jean Rochefort et Gérard Jugnot en duo de solitaires lunaires. Dès lors, Patrice Leconte hérite d’une réputation d’éclectique, de touche-à-tout, qu’il va prendre plaisir à confirmer, habillant un jour son cinéma de noir (Monsieur Hire, 1989), un autre jour de tenues nostalgiques et sensuelles (Le Mari de la coiffeuse, 1990), un autre encore d’habits de Cour (Ridicule). À l’intérieur même de la comédie, il a cherché toutes sortes d’équations différentes (Les Grands Ducs : comédie speedée sur de vieux acteurs, Tango : comédie assez verte, rire jaune). Chaque film est un prototype, une « machine à explorer » un monde à part, qu’il soit littéraire (Le Parfum d’Yvonne, 1994, intéressante adaptation de Modiano) ou très populaire (Une chance sur deux, 1998, variation sur le cinoche familial).
- L’artiste libre
Le goût de la liberté, Patrice Leconte le cultive vraiment après Ridicule : Il se voit confier des projets de grande envergure (La Veuve de Saint-Pierre, 1999), tout en continuant à se consacrer à des films plus personnels, plus secrets (Confidences trop intimes, 2003). Avec son nouveau complice, Daniel Auteuil, il confirme en trois films (La Fille sur le pont, 1998 ; La Veuve de Saint-Pierre, 1999 ; Mon meilleur ami, 2006), l’importance des figures masculines dans son univers cinématographique. Pour le plaisir, il renoue en 2005 avec l’équipe du Splendid et donne finalement une suite à leurs aventures, Les Bronzés 3. Tournant toujours beaucoup (25 longs métrages en 28 ans), il annonce pourtant en 2006 qu’il mettra fin à sa carrière de cinéaste après trois films. Il en a, depuis, réalisé un, La Guerre des Miss (2009), et s’est notamment consacré au théâtre. Son nouveau projet pour le grand écran relance cependant toute la donne : Patrice Leconte va réaliser pour 2010 son premier dessiné animé, adapté du livre de Jean Teulé, Le Magasin des suicides.
Courts métrages
Longs métrages
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